Ce qu’il faut prendre en considération dans la dilection le prochain.
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Dans la dilection pour Dieu, nous n’avons pas à prendre soin de lui mais bien
de nous ; car il est notre Dieu et n’a pas besoin de nos biens. Dans la
dilection mutuelle, par contre, nous devons prendre soin les uns des autres
puisque nous avons besoin les uns des autres. C’est pourquoi le désir doit se
déployer dans deux directions et l’action ne doit pas moins s’exercer d’une
double
manière. Le désir doit être dirigé de
telle sorte que, comme il
convient,
nous jouissions les uns des autres en Dieu, et que nous jouissions de Dieu les
uns dans les autres. Puisque l’être humain est compose d’un corps et d’une âme,
notre action doit tenir compte de l’un et l’autre, autant que nous en avons la
faculté. Plus quelqu’un est ardent et avisé en ce domaine, plus il est parfait
en charité ; et plus il y met d’affection, plus sa charité est pleine de
charme.
Ainsi que nous l’avons dit, c’est tantôt un
sentiment d’attirance, tantôt la raison qui porte vers cette charité. Ce sont
eux aussi, chacun à leur manière, qui tendent à régler la mesure du désir et de
l’action.
Le miroir de la charité ; Aelred de Rievaulx,
Vie monastique 27, p.219.